Mon autre vie.

Je vais mettre mes cojones sur la table.
Tout déballer.
Vider mon sac.

C’est pas facile. Cet article est en gestation depuis fiou, longtemps, au moins.

Ma deuxième vie. Celle où j’enlève ma casquette un peu trop bien accrochée de maman. Mon boulot. Je l’aime. Il est parfois ingrat, mais jamais trop. Pourtant aux yeux de beaucoup il fait partie de ceux qu’on n’aime pas. Il fait partie de ceux que beaucoup ne veulent pas faire.

Eté 2004, j’ai envie, comme depuis deux étés, de trouver un petit job pour les vacances scolaires, je suis à la fac, je peux donc bosser 3 mois. YOUPI. Et j’ai envie de bosser dans un commerce cette année.

J’envoie donc mon C.V. (d’un vide abyssal), un peu partout. Je me déplace pour le déposer en main propre dans les plus petites structures dans lesquelles je souhaite postuler.

Il y a UN magasin juste à côté de chez moi dans lequel je n’ai pas envie de travailler : justement trop près de chez moi.

Mais je veux trouver un boulot, et rapido alors je prends mes petits pieds (37 quoi) et je vais déposer mon C.V. dans ce magasin.
Je tombe directement sur le chef. Lucky day. Il décide de me prendre en entretien de suite, il cherche quelqu’un rapidement. On s’asseoit dans son bureau, il lit mon C.V., ma lettre de motivation. Pouf, pouf, j’ai le job, je commence lundi (On est samedi.).
Je serai donc employée commerciale caisse 26h chaque semaine… En CDI. Dans mon esprit je vais démissionner à la rentrée de la fac et ça sera plié, j’aurai bossé mes 3 mois, nickel.

Mais ça ne s’est pas exactement passé comme ça.

Je m’y suis plu dans ce magasin finalement. Des choupis collègues, moins de 10min de marche pour aller au boulot, des heures supp’ qui mettent du beurre (et de la crème) dans les épinards…
Bref, en octobre ils m’ont proposé de m’aménager mes horaires en fonction de mon emploi du temps scolaire. Et j’ai accepté.
Ca a duré 3 ans comme ça.

Est alors venue la proposition d’évolution, qui induisait une augmentation du temps de travail, pour passer à un temps plein. J’ai accepté, me retrouvant un peu « bloquée » dans mes études (pas de Master qui me plaisait « vraiment » facilement accessible de chez moi, un ras le bol des études…) et l’aimant quand même ce job…

Bref, me voilà devenue la « chef » de mes ancien(ne)s collègues. Pas facile au début de s’imposer pour une petite nana qui a la vingtaine face à des gens qui vous donnent vraiment l’impression que vous leur avez pris leur « dream job ». Bon an mal an, j’ai creusé mon trou, eu une autre promotion, puis un bébé.

C’est là que le magasin a été « cédé ». Je passe sur les détails de cette période dont je préfère ne pas me souvenir. J’ai démissionné quelques mois plus tard.

C’est maintenant que ça devient marrant. Ouais je raconte ma vie si je veux. Même si c’est super chiant. Voila.

Je n’ai pas démissionné pour me retrouver sans rien. J’avais déjà une promesse d’embauche en poche. Au même poste, dans une autre enseigne. J’allais aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs quoi. Et ajouter une corde à mon arc.

Je suis resté presque 3 ans dans cet autre magasin. J’ai fait un autre enfant. J’ai beaucoup ri. J’ai travaillé d’une manière différente. Très différente. J’ai cru être tombée sur la tête assez souvent. J’ai vu des gens mauvais. Et des nettement moins mauvais, heureusement.

Puis on m’a proposé de retourner dans cette première enseigne pour laquelle j’avais travaillé. Nettement plus près que chez moi. Parce que oui, ce deuxième job, il me faisait passer 2h ou plus par jour dans les transports en commun. Le panard quoi. J’ai accepté. J’ai démissionné.

Me voilà donc revenue dans l’enseigne dans laquelle j’ai été initialement formée. En poste dans un magasin qui est aussi le « centre de formation », « l’école » de l’enseigne pour la région. Et je kiffe.
C’est un chouette challenge de débarquer là bas. Beaucoup de pression. Ce magasin est un peu une « vitrine » pour l’enseigne. C’est donc là que se déplacent les big boss, costards cravates et chaussures bien cirées, pour nous apprendre comment travailler alors qu’eux sont incapables de le faire.

C’est ainsi que cette semaine je me suis retrouvée à emballer des cartons dans du papier aux couleurs de l’enseigne afin d’y poser des « box » (Les gros cartons plein d’un seul produit qu’on voit en général au milieu des allées ou sur les côtés des têtes de gondoles.) afin de préparer la venue de deux de ces messieurs.

Ceci est donc une tête de gondole.

Ceci est donc une tête de gondole.

Mais je kiffe. J’attends avec impatience la formation qui me permettra d’acquérir le statut de formatrice d’ici quelques mois. Je vais donner des cours. Ah. Ah. Ah. Moi je vais donner des cours. En vrai c’est pouce en l’air.

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2 commentaires pour Mon autre vie.

  1. J’espère être dans les nettement moins mauvais! 😉
    Je suis heureuse de voir que tu te plaît dans ta nouvelle vie.
    Gros Bisous!
    PS: J’espère qu’on se reverra bientôt!

  2. danybway dit :

    C’est… Inspirant! Lire ça le lundi matin en se préparant pour aller au taf… Jeter un petit oeil dans ton parcours, te voir regarder un peu derrière toi et savoir que devant toi il y a toujours beaucoup de choses à vivre et découvrir.
    Moi-même à un moment important de ma vie professionnelle, je te vois comme un bien bel exemple!!!

Blablate ici.

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